Le burn-out, ou le syndrome de

l’épuisement professionnel

 

 

 

Littéralement, «burn-out» se traduit par «se consumer», comme une bougie qui brûle petit à petit jusqu’à s’éteindre.

 

 

Le burn-out est un syndrome responsable d’un mal-être général, dont l’origine est le plus souvent liée à la vie professionnelle.

Beaucoup le considèrent comme le mal professionnel de notre siècle. Et pour cause, à l’heure actuelle, les cas de burn-out, ou syndrome d’épuisement lié au travail, ne cessent de se multiplier.

 

 

 

 

Photo by Jamie Street on Unsplash

 

 

 

 

 

 

Comment détecter un burn-out…

 

 

 

 

Journées trop chargées, manque de sommeil et stress constant, ces trois facteurs font souvent partie de notre quotidien et sont aussi à l'origine d'un craquage émotionnel et physique.

 

 

 

Il faut savoir que le burn-out est parfois « remis en question »  par des collègues indélicat et cela accentue la culpabilité du malade. Il est difficile pour une personne qui souffre de harcèlement ou d’un intense stress d’accepter cette situation et par la suite de s’imposer le repos nécessaire. Cette souffrance est souvent négligée, voire moquée par son entourage.

 

 

« La souffrance ne se compare pas » explique Catherine Troufléau, psychologue du travail.

 

 

Découvrez les signes avant-coureurs d’un épuisement professionnel d’après Sabine Bataille, Fondatrice du réseau RPBO (Reconstruction Post Burn-Out) :

 

 

  • Sentiment d’une ou plusieurs tâches illusoire, épuisantes voire inaccessible ;

 

  • Perte d’énergie ;

 

  • Sentiments difficiles à exprimer (irritation, agacements…) ;

 

  • Maux physiques chroniques (rhume, maux de dos, migraine…) ;

 

  • Symptômes anxio-dépressif, insomnie, mélancolie ;

 

  • Le burn-out pourrait être un facteur déclenchant de la dépression ;

 

  • En cas de burn-out, la personne se retrouve en stress chronique ;

 

  • Une personne dépressive aura tendance à se sentir coupable pour ce qui lui arrive ;

 

  • Une personne qui décompense aura tendance à éprouver de la colère ; et

 

  • Sentiment de désorientation et d’inadaptation.

 

 

 

Les personnes touchées par le burn-out souffrent de ces troubles qui affectent leur productivité.

 

 

 

Pas considéré comme une maladie à part entière…

 

 

 

Le terme est utilisé pour la première fois en 1974 par le psychologue Herbert Freudenberger.

 

En parallèle de sa profession, Freudenberger travaillait bénévolement dans une clinique new-yorkaise venant en aide aux personnes défavorisées. Son rythme de travail devenant insoutenable, le psychologue commence peu à peu à souffrir d’une fatigue constante, d’une irritabilité chronique et se met à dormir des journées entières.

 

 

Il finit par constater que d’autres volontaires de la clinique présentent les mêmes symptômes que lui. Il s’intéresse à ce phénomène qu’il baptise «burn-out».

 

 

Au sein de la communauté médicale, la signification du «syndrome d’épuisement professionnel» divise.

 

 

Certains pensent qu’il s’agit d’une maladie physique, d’autres d’une maladie mentale, ou même qu’il ne s’agit pas d’une maladie à part entière mais plutôt d’une sous-catégorie de la dépression.

 

 

Plus récemment, une proposition de loi visait à reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle, mais elle a été rejetée par l’Assemblée nationale en février 2018.

 

 

 

 

Comment sortir d’un burn-out…

 

 

 

Une personne en burn-out a la sensation que rien ne va s’arranger et qu’elle n’aura jamais assez d’énergie pour s’en sortir : la confiance en soi est totalement atteinte.

 

 

 

 

 

Si vous suspectez un burn-out dans votre entourage, ne prenez pas son cas à la légère et conseillez lui d’aller consulter le plus rapidement possible un médecin spécialisé.

 

 

 

 

Cela dit, le burn-out n’est pas une fatalité et fort heureusement, ça se soigne. D’ailleurs, on ne s’en sort jamais seul. C’est pourquoi l’accompagnement d’un professionnel est fortement conseillé afin d’accélérer le processus de rétablissement.

 

 

 

 

Le travail du médecin consiste à accompagner dans le rétablissement. C’est-à-dire, une mise à distance du travail si la personne est trop épuisée avec des ajustements thérapeutique pour permettre de reprendre un bon rythme de sommeil avec un soutien psychologique et une prise de conscience de la fragilité que le burn-out a procuré.

 

 

 

 

Dans un cas de burn-out il est important que vous puissiez bénéficier d’un arrêt de travail prescrit par un médecin traitant ou un médecin du travail. L’arrêt de travail est le premier pas qui vous permettra de mettre un terme à l’épuisement professionnel.

 

 

 

 

Cependant, seul un arrêt de travail ne peut suffire, il ne faut pas s’imaginer que quelques jours de repos suffiront à régler le problème. Il faut évidemment consulter un spécialiste.

 

 

 

 

Il est également recommandé une prise en charge en psychothérapie. Ces types de thérapies ont fait preuves de leur efficacité dans des publications scientifiques. Les effets peuvent être de courte durée, il est donc nécessaire de faire des rappels réguliers, avec éventuellement, la prescription, de courte durée, de médicaments adaptés.

 

 

 

 

 

Un burn-out peut s’accompagner d’un risque dépressif, voire suicidaire. C’est pourquoi, la prise en charge thérapeutique doit être menée par un professionnel de santé, formé à la psychopathologie.

 

 

 

 

 

 

L’après burn-out…

 

 

 

 

 

Il faut prévenir la rechute. Après la phase de ressourcement vient la préparation du retour dans le monde professionnel. La victime du burn-out éprouve souvent des craintes de ne pas se montrer à la hauteur au travail après cette épreuve mais aussi, d’être jugée par ses collègues et sa hiérarchie et donc… de rechuter.

 

 

 

 

 

La personne en convalescence fait un « travail sur soi » avant de reprendre et pendant la reprise de son activité professionnelle. Son entourage personnel et professionnel doit l’aider dans cette épreuve, se montrer bienveillant et lui ménager une phase intermédiaire. La reprise se fait progressivement et une visite préliminaire doit être effectuée auprès du médecin du travail.

 

 

 

 

 

« Un burn-out ou une dépression sont comme une jambe cassée/ Il est possible de la réparer, mais cette réparation doit être suivie d’une rééducation pour ne pas fragiliser la jambe à nouveau. » Catherine Troufléau.

 

 

 

Photo by Kyle Glenn on Unsplash

 

 

 

 

Le retour en entreprise…

 

 

 

 

 

De nombreuses étapes sont nécessaires avant le retour à l’emploi…l’un des objectifs du traitement du burn-out.

 

 

 

 

 

En effet, le retour en entreprise après une longue période d’absence se révèle être un challenge pour un salarié qui a fait un burn-out. D’autant plus qu’en général, l’entreprise est l’un des facteurs déclenchant de la maladie.

 

 

 

 

« Souvent, le patient a du mal à revenir à l’entreprise à cause d’un sentiment de culpabilité, voire une véritable phobie » explique Christophe Bagot, psychiatre et psychothérapeute spécialiste du burn-out.

 

 

 

 

Le retour à l’emploi est bel et bien l’un des objectifs du traitement. Le salarié peut retrouver son activité de départ, au même poste ou bien un poste aménagé au sein de la même entreprise. Aussi, rien ne l’empêche de quitter son entreprise et d’exercer un tout autre métier que celui qu’il a quitté.

 

 

 

 

Selon Catherine Vasey, psychologie en Suisse et auteur de « Comment rester vivant au travail ? » : « avec un bon suivi, 80% des patients retrouvent leur ancien poste dans lequel tout se passe bien. » Cependant ; Catherine Vasey reconnait que six mois ou un an après un retour, certains salariés peuvent changer de voie professionnelle.

 

 

 

 

Le  retour en entreprise doit se faire progressivement. En effet, les cas plus sévères de burn-out nécessitent 18 à 24 mois d’arrêt, donc, une longue période pendant laquelle le salarié n’a aucun contact avec son entreprise.

 

 

 

 

Il faut donc avoir en tête qu’un salarié qui revient en entreprise après un burn-out est en convalescence. Le salarié et l’entreprise doivent convenir à des aménagements de poste. Cela constitue l’une des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).

 

 

 

 

Les personnes sortant d’un burn-out sont souvent perfectionnistes et ont du mal à se limiter. Selon Christophe Bagot, psychiatre « La première chose à faire est de demander un mi-temps thérapeutique ».

 

 

 

 

Le burn-out n’est pas une fatalité…

 

 

 

 

Il n’est bien sûr pas un effet de mode comme pourraient le penser certaines personnes.

 

 

 

Tout ne s’arrête pas le jour où votre médecin vous donne le diagnostic. Pour vaincre le burn-out, chaque personne avancera et franchira les différentes étapes à son rythme.